Les coinfections

Les tiques peuvent être porteuses de plus d’une maladie à la fois. Il est donc possible de contracter de multiples infections et virus en ne se faisant piquer qu’une seule fois. Les études ont prouvé que la co-infection a comme conséquence une présentation clinique plus grave, avec des atteintes organiques plus graves qui rendent la suppression des parasites plus difficile. on sait que les infections à Babesia, comme la Borreliose de Lyme, sont immunosuppressives.

Voici quelques co-infections les plus courantes :

  • Babésiose (babésia)
  • Ehrlichiose (ehrlichia) / Anaplasmose
  • Bartonella
  • Les mycoplasmes
  • La Fièvre Q
  • Rickettsiose
  • Encéphalite à tiques

Il existe des différences entre la présentation clinique du patient coinfecté et la typologie d’un patient présentant une infection isolée. Il peut y avoir différents symptômes et signes atypiques. La fiabilité des tests paracliniques* standards peut être faussée et les formes chroniques et persistantes de chacune des infections est vraiment de plus en plus manifeste. Par conséquent, les vraies présentations cliniques de Lyme, comme nous avons appris à les reconnaître, et plus particulièrement les présentations tardives et plus graves, représentent probablement des infections croisées avec beaucoup d’autres facteurs aggravants.

Les analyses

Dans la Borreliose de Lyme, le Western Blot est le test sérologique privilégié. Les tests de dépistage d'antigène (capture d'antigène et PCR*), bien que peu sensibles, sont très précis et sont particulièrement utiles pour évaluer un patient séronégatif ou présentant une maladie active ou encore pour déceler les rechutes postthérapeutiques. Souvent, les tests de dépistage d'antigène sont les seuls marqueurs positifs de l'infection à la BL, il a ainsi été rapporté que la séronégativité se produit dans 30 à 50% des cas. Néanmoins, la Borréliose de Lyme peut être présente même si tous ces tests sont non-réactifs ! Le diagnostic clinique est donc exigé.

Pour la Babésia, aucun test n'est assez fiable à lui seul pour être employé de manière unique. Ce n’est que dans les infections récentes (d’une durée de moins de deux semaines) que le frottis sanguin standard pourra être utile. Par la suite, on peut employer la sérologie, la PCR, et l’analyse par hybridation in situ fluorescente («FISH»). Malheureusement, plus d'une douzaine d'autres protozoaires peuvent être trouvés chez les tiques, bien plus susceptibles de transporter d’autres espèces que la Babesia microti ; pourtant seuls les tests pour la babésia microti et le WA-1* sont commercialisés actuellement ! En d'autres termes, le patient peut avoir une infection pour laquelle il peut ne pas être testé. Ici, comme pour la Borrelia, l'évaluation clinique est l'outil de diagnostic incontournable.

Pour l’Ehrlichiose et l’Anaplasmose, par définition vous devez rechercher les formes mono et granulocytaires. On peut faire réaliser un frottis sanguin, une PCR et une sérologie pour effectuer cette recherche. Beaucoup d’organismes proches d’Ehrlichia mais non répertoriés peuvent être détectés chez les tiques mais ils peuvent ne pas être décelés par les tests actuellement disponibles sur le marché, ainsi dans cette maladie aussi, ces tests ne peuvent être considérés que comme des compléments pour établir le diagnostic. Rarement, une fièvre dite des Montagnes Rocheuses peut coexister, et même s’installer de manière chronique. Heureusement, les protocoles de traitement sont semblables pour tous les agents de ce groupe.

Pour la Bartonelle, il faudra employer à la fois la sérologie et la PCR. La PCR peut, comme pour la Borreliose de Lyme, être exécutée sur le sang et le fluide cérébrospinal mais également sur des échantillons de biopsie. Malheureusement, mon expérience prouve que même en pratiquant ces deux types de tests, environ 50% des cas cliniquement prouvés s’avèreront négatifs.

Les expositions fréquentes aux Mycoplasmes sont courantes, provoquant une forte séropositivité, ainsi la PCR demeure la meilleure manière de confirmer une infection active. Des infections chroniques virales peuvent être activées chez le patient chronique, ceci est dû à un affaiblissement de la réaction immunitaire. Le diagnostic devrait être établi sur les résultats des tests PCR et non sur les sérologies. Les virus couramment mis en cause concernent le HHV-6 (Virus de l’Herpès Humain), CMV (Cyto-Megalo-Virus), et EBV (virus d’Epstein Barr).