L'antibiothérapie

Informations générales

Il n'existe aucun antibiotique universellement efficace pour traiter la Borreliose de Lyme.

Le choix du médicament utilisé et du dosage prescrit seront différents selon les personnes en raison de multiples facteurs. Ceux-ci incluent la durée et la sévérité de la maladie, la présence de co-infections, les insuffisances immunitaires, l'utilisation notoire d'immunosuppresseurs pendant l’infection, l'âge, le poids, la fonction gastro-intestinale, les niveaux de sang réalisés, et la tolérance du patient.

Les doses avérées efficaces sont souvent médicalement plus hautes que celles recommandées dans les textes les plus anciens. On peut expliquer cela par la pénétration profonde de la Borrelia dans les tissu, sa présence dans le SNC incluant l'oeil, dans des cellules, dans des tendons, et parce que très peu de souches de cet organisme à présent connues ont été testées aux sensibilités antibiotiques.

En outre, toutes les études zoologiques sur la sensibilité menées jusqu’à présent n’ont concerné que la forme précoce de la maladie et ont été pratiquées sur des sujets qui se comportent différemment des hôtes humains. Il faut donc commencer par un régime approprié à l’environnement, et au besoin, le modifier de temps en temps, en fonction des concentrations antibiotiques retrouvés dans les sérologies et la réponse clinique.

Les différentes classes d'antibiotiques

Il y a huit types d'antibiotiques utilisés en général pour le traitement de la Borreliose.

Evolution au cours du traietment

Etant donné que le spirochète a un temps de génération très long (de 12 à 24 heures in vitro et probablement beaucoup plus in vivo) et qu’il peut connaître des périodes de dormance, pendant lesquelles les antibiotiques ne tueront pas l'organisme, le traitement doit être poursuivi pendant une longue période afin de supprimer tous les symptômes actifs et d'empêcher une rechute, particulièrement dans des cas d’infections anciennes.

Si le traitement est interrompu avant que tous les symptômes de l'infection active aient été supprimés, le patient restera atteint et rechutera probablement plus tard. Généralement une infection récente à la Borréliose doit être traitée pendant quatre à six semaines, et une Borréliose ancienne exige habituellement quatre à six mois minimum de traitement continu. Tous les patients ne répondent pas de la même façon et la thérapie doit être individualisée.

Il n'est pas rare pour un patient qui a été malade pendant de longues années d’avoir besoin d’un traitement ouvert ; en effet, quelques patients auront besoin d’une thérapie d'entretien continue pendant des années pour se maintenir en forme. Plusieurs jours après le début d’une thérapie antibiotique appropriée, les symptômes s’amplifient souvent violemment; ils sont dus à la lyse des spirochètes lors de la libération d’une grande quantité d’agents antigéniques et probablement des toxines bactériennes. Ce phénomène est connu sous le terme de réaction de type Jarisch Herxheimer (herx). Puisqu’il faut 48 à 72 heures de thérapie pour que l’élimination bactérienne commence, la réaction d’Herxheimer est donc retardée. Dans le traitement de la syphilis, ces réactions peuvent se produire dans les heures qui suivent.

On a observé une recrudescence des symptômes respectant des cycles de quatre semaines. Cette singularité correspond sans doute au cycle des cellules de l'organisme, qui coïncide avec la phase de croissance survenant une fois par mois (la croissance périodique est commune dans toutes les espèces de Borrelia). Etant donné que les antibiotiques n’élimineront les bactéries que pendant leur phase de croissance, la thérapie est conçue pour encadrer au moins un cycle entier de génération. C'est pourquoi la durée minimum du traitement doit être au moins de quatre semaines.

Si les antibiotiques fonctionnent, avec le temps, les réactions violentes diminueront tant en intensité qu’en durée. L'occurrence même des cycles mensuels continus indique que l’agent organique est encore présent et qu’il faut continuer le traitement antibiotique. En poursuivant le traitement, ces réactions symptomatiques mensuelles s’amplifient et traduisent probablement des réactions de type Herxheimer récurrentes au moment où la Borrelia passe en phase de vulnérabilité avant d’être lysée.

Pour des raisons obscures, les réactions les plus violentes ont lieu lors de la quatrième semaine du traitement. L'observation montre que plus cette réaction est importante, plus la charge microbienne est importante et donc plus le patient est atteint. Pour ceux qui présentent une maladie nettement symptomatique ancienne et qui suivent une thérapie par intraveineuse, les réactions d’Herxeimer peuvent être très graves, semblables aux symptômes de la maladie sérique*, et peuvent être associés à une leucopénie* et/ou à une augmentation des enzymes hépatiques passagères. Dans ce cas, il faudra diminuer la dose temporairement, ou interrompre le traitement pendant plusieurs jours, avant de le reprendre à des doses inférieures.

Les patients suivant une thérapie par intraveineuse (IV) et présentant une forte réaction à partir de la quatrième semaine devront poursuivre les antibiotiques parentéraux pendant plusieurs mois, car lorsque cette réaction mensuelle diminue en intensité, un traitement oral ou intramusculaire (IM) peut prendre le relai. En effet, c’est sur la base de cette observation que le clinicien déterminera la fin du traitement par intraveineuse. Généralement la thérapie par intraveineuse est donnée jusqu'à ce qu'il y ait une réponse positive claire, et alors on modifie le traitement dont l’administration se fait par intramusculaire ou per os* jusqu'à ce jusqu’à ce que le patient soit exempt de signe d'infection pendant 4 à 8 semaines.

Quelques patients, cependant, auront une mauvaise réponse à l’intramusculaire ou au traitement per os et le traitement par intraveineuse devra être employée tout au long de la thérapie. Comme cité précédemment, la leucopénie peut être un signe d’Ehrlichiose persistante, ainsi il faut bien examiner la question. Les échecs de traitement répétés doivent alerter le clinicien sur la possibilité d'une insuffisance immunologique autre sous-jacente, et un dépistage dans ce sens peut être conseillé. Évidemment, l’éventualité d’une co-infection doit être prise en compte, et une recherche pour un diagnostic différentiel doit être dirigée.

Il y a trois éléments qui peuvent produire un échec du traitement indépendamment de la thérapie choisie : l’indiscipline, la consommation d'alcool, et le manque de sommeil. Il faut conseiller au patient de faire une pause au moment (ou idéalement avant) des inévitables coups de fatigue du milieu de l’après midi (La sieste est fortement encouragée). Tous les patients doivent noter leurs symptômes quotidiennement dans un journal intime qui devra être soigneusement détaillé pour nous aider à documenter l’existence du cycle classique de quatre semaines, pour nous permettre de juger des effets du traitement et pour déterminer le point final du traitement. Ces journaux intimes doivent renseigner les températures corporelles de fin d'après-midi, les résultats physiques, notes des thérapeutes, et les tests cognitifs afin de déterminer le meilleur moment pour modifier le traitement ou mettre un terme aux antibiotiques. Il faut toujours se souvenir qu'il n'y a actuellement aucun test pour le traitement, ainsi ce suivi clinique joue un rôle important dans la thérapeutique de la maladie de Lyme.